Fédération nationale de la libre pensée

26 mars 2017

Publications

La Raison n°620 (avril 2017)

L'Editorial

Certamen bonum certavi (j’ai mené le bon combat)

Un de nos communiqués titre  : Vierges 0, Libre Pensée 2. La vierge de Publier doit se replier sur un terrain privé et les déménageurs sont à l’œuvre. La Vierge des Granitiers, prévue sur la voie publique à Brusvil à la place de Dinan doit s’installer ailleurs. C’est indubitablement un bon score pour un match qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Est-il donc si difficile de respecter la loi de 1905 ? Pourquoi délibérément violer son article 28, parfaitement explicite  ? Pourquoi cela ne se fit-il que dans les quinze dernières années ? De 1905 aux environs de l’an 2000, il n’y eut pas d’installation de symboles religieux en terrain public, et ni les catholiques, ni les juifs, ni les musulmans, ni les protestants, ni les orthodoxes, ni les hindouistes, ni les bouddhistes, ni les témoins de Jéhovah ne s’en portèrent plus mal, pas plus que les athées, agnostiques ou indifférents. Au contraire, cette abstention partagée assura la paix civile religieuse et garantit la liberté de pensée, ainsi que la célébration des cultes.

Évidemment, l’opération est avant tout politique, un certain nombre d’Elus considérant que l’affichage des racines chrétiennes de la France doit supplanter la laïcité. Elle s’est livrée sur le terrain du symbole, mais tout symbole a un sens profond. A bas la laïcité, c’est le fond de la pensée de ces Elus réactionnaires. Il était juste et nécessaire de livrer la bataille.

Ces victoires ont été remportées par nos Fédérations de Haute-Savoie et des Côtes d’Armor grâce à la ténacité de leur action et aux conseils juridiques efficaces de la Fédération Nationale. Ces victoires ne sont pas sans rapport avec le combat que nous avons mené pour mettre fin à la provocation de l’installation des crèches de Noël dans les bâtiments de la République. Ces victoires font suite à de multiples jugements en tribunaux administratifs, en appel et en cassation, tantôt favorables à nos requêtes et tantôt défavorables, à tel point qu’il a fallu recourir au Conseil d’État pour trancher la question vis-à-vis des cours d’Appel de Nantes, pour la question du Conseil Général de Vendée, et de Seine et Marne, pour celle de la mairie de Melun.

La décision du Conseil d’Etat a été claire : de l’article 28 de la loi de 1905 découle l’interdiction de principe des crèches dans les bâtiments publics. Les crèches sont, rappelons-le, des éléments installés pour une durée limitée. L’installation de symboles ou représentations permanents est donc - à plus forte raison - totalement illégale. Ainsi, comme le souligne
notre communiqué, la jurisprudence induite par les arrêts du Conseil d’État retrouve son cours laïque. Nous ne pouvons que nous en réjouir. De multiples affaires inhérentes aux crèches, sont ainsi en cours d’instruction, à Hénin-Beaumont l’arrêt du Conseil d’Etat a été pleinement pris en compte, A Lyon, contre l’initiative de Laurent Wauquiez, le Préfet a attesté une double irrégularité, l’exposition de la crèche n’ayant même pas fait l’objet d’une délibération. Dans la région toulousaine, plusieurs installations ont été signalées et attaquées. Notre action a pris de la force et remis au premier plan la loi de Séparation.

Je ne me lasserai pas de répéter que dans l’immense majorité des cas, la Libre Pensée a agi juridiquement seule  : seule à déposer les recours adéquats en temps voulu, seule à suivre les affaires au plus près avec ses Fédérations. D’autres ont choisi de commenter, avec plus ou moins de mauvaise foi. Ainsi va la vie

D’autres encore, les signataires de l’Appel des laïques, nous ont soutenus, rappelant l’esprit et la lettre de la loi de Séparation des Églises et de l’État. Membres éminents des organisations démocratiques, syndicales et humanistes, personnalités reconnues, y ont rappelé d’autres combats essentiels : le devoir de neutralité des Elus de la République et le financement de la seule Ecole laïque. Le discours proposé pour les banquets républicains de janvier en rappelle les points fondamentaux et met en exergue une liste de sujets sur lesquels les signataires peuvent se réunir et travailler. Il leur est proposé d’établir un état des lieux. Ces rencontres de travail se mettent déjà en place dans plusieurs départements, cependant que l’Appel avance vers les 10 000 signatures. Tous ces faits démontrent que c’est l’ensemble de la cause qui avance.

Jean-Sébastien Pierre,

Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

 

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