Fédération nationale de la libre pensée

7 septembre 2017

La Raison

La Raison n°624 bientôt disponible

L'éditorial du Président

par Jean-Sébastien PIERRE

Entre deux congrès

Nous sommes entre deux congrès  : celui de la Fédération nationale, tenu à Evry, et celui de l’Association Internationale de la Libre Pensée qui aura donc lieu à Paris, en plusieurs endroits de la capitale. Sa tenue s’annonce historique. Les organisations adhérentes ou sympathisantes de l’AILP ont très largement répondu présentes et ont d’ores et déjà échangé
de multiples contributions, traduites en trois langues. Vous les découvrirez lors de votre participation qui sera importante, nous n’en doutons nullement.

Dans nos colonnes, vous pouvez voir les premiers résultats de la présence de notre Association internationale à l’OIT et à l’ONU. Etre habilité à y participer ne fut pas exempt de difficultés, tant est grande la complexité des dossiers à établir et quelque peu difficile à appréhender le déroulement des sessions. A l’ONU, c’est au Conseil des droits de l’homme que l’AILP a pu participer. Vous verrez que les sujets débattus méritent l’intervention des libres penseurs du monde entier. Vous verrez également à quel point les Eglises y sont actives, malheureusement pour le pire. A l’OIT, notre délégation a pu faire connaître notre point de vue sur la question de la liberté de conscience au travail en évoquant les positions, plus que contestables, du PDG de Paprec dont notre journal vous a entretenu à diverses reprises.

Un débat préliminaire se mène à propos de l’Islam. Le congrès de Paris aura à établir sous quelle forme il pourra se poursuivre. Les événements français ne comptent pas pour rien dans cette discussion. Selon certains, extrêmement actifs dans notre pays, ce serait désormais la religion islamique qui constituerait le pire danger pour la laïcité. A maintes reprises, nous avons souligné le caractère xénophobe, voir néocolonialiste qui se cache derrière cette « laïcité » intransigeante.

Aussi, n’est-il pas sans intérêt de commenter la déclaration favorable à la laïcité de Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande mosquée de Paris, une personnalité de premier plan pour la religion musulmane en France. Nous l’avons fait dans un communiqué que vous trouverez page 13. Nous aimerions réellement que la religion catholique produise un texte aussi ouvert et précis : refus d’un Islam DE France organisé par l’Etat, acceptation des résultats de la science, y compris de la théorie de l’évolution, liberté de la contraception et de l’IVG, acceptation des droits de la femme. Cela doit gêner profondément tous ceux qui nous expliquent que l’Islam est intrinsèquement incompatible avec la laïcité. C’est sans doute pour cette raison que cette déclaration n’a été relevée ni commentée par aucun organe de presse... à part La Raison. Vous aurez le privilège d’en profiter

Rappelons, à ce propos que la Libre Pensée, considérant TOUTES les religions comme néfastes dans leur essence - cela fait partie de notre déclaration de principes - n’acceptera jamais de se poser en agence d’évaluation de ces dernières. Il n’y a pas de dénonciation d’une religion particulière sans rehaussement de l’appréciation d’une ou plusieurs autres. Dans notre
pays, cela ne peut profiter qu’à la religion dominante, qui elle, n’a jamais renoncé à réglementer toute la société, ses fidèles comme ceux qui ne le sont pas. Nous ne lâcherons pas la proie pour l’ombre.

Rennais par résidence, je ne peux m’empêcher de décerner une mention spéciale à « notre » archevêque, leur seigneur d’Ornellas, expert en éthique chrétienne, qui vient encore de se distinguer (lire page 25). Lui qui, naguère,entendait gémir les embryons humains au stade des cellules, attaque les conclusions récentes du CCNE dans le journal Le Monde. Aux ouvertures proposées en matière de PMA et de GPA, en vue de la révision de 2018 de la loi dite de bioéthique, le prélat oppose la famille composée d'un père et d'une mère « sexués ». Dans la droite ligne de la manif pour tous, il dénie aux couples de femmes le droit de recourir à la PMA au nom du caractère « traumatisant » de l’absence de père. Le brave homme ! On attend toujours ses lamentations sur l’ossuaire du couvent de Tuam. Ses oreilles, sensibles aux cris des embryons précoces, ne le sont pas à ceux des enfants naturels irlandais. Pour eux,
l’absence de père et l’absence de soins n’ont pas été traumatisants. La duplicité de l’Eglise est décidément éternelle.

 

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