Sur l’égalité des droits et la liberté de disposer de son corps

De multiples atteintes contre l’égalité en droit des hommes et des femmes

La Libre Pensée défend l’égalité en droit des hommes et des femmes ainsi que le droit de tous les êtres humains à disposer de leur corps. Cette égalité en droit suppose des droits, des lois, des acquis. Cela suppose également une émancipation sociale, économique, culturelle de toutes et de tous. Engagée depuis toujours pour l’émancipation du genre humain, la Libre Pensée condamne toute discrimination entre les êtres humains pour quelque raison que ce soit.

Le système capitaliste, s’appuie sur toute forme de division notamment sur les préjugés sexistes diffusés par les religions pour exploiter les humains, les mettre en concurrence et baisser le cout du travail. Les religions, meilleures alliées de ce système d’exploitation offrent un moyen d’oppresser le genre humain en imposant des idées liberticides et rétrogrades prétendument divines ou naturelles.

Ainsi la lutte contre toute forme d’oppression dont la plus forte d’entre-elles, l’oppression économique, doit intégrer l’égalité des êtres humains quel que soient leur couleur, leur origine, leur conviction, leur sexe ou leur orientation sexuelle. De même tout combat contre les inégalités ne peut se permettre d’évacuer la question de l’oppression capitaliste, ni éviter de combattre les idées liberticides diffusées par les religions.

La Libre Pensée s’honore d’avoir eu dans ses rangs de plus grandes féministes comme Maria Deraismes, Louise Michel, André Léo, Madeleine Pelletier, Alexandra David Néel, etc…, les défenseurs des droits des femmes comme le Docteur Fabre, fondateur du premier centre de Planning familial, Aristide Lapeyre, emprisonné en 1973 (à 74 ans !) pour son combat contre la loi de 1920 (instaurant la peine de mort pour cause d’avortement).

Ne sommes-nous pas aujourd’hui en train d’assister à une crise économique engendrant une crise politique qui remet en cause les droits des peuples dont les droits des femmes ? Partout les régimes politiques se durcissent et s’en prennent aux droits des femmes. Le monde se radicalise, il sent la poudre et l’eau bénite

Que ce soit en Turquie, en Espagne, aux Etats Unis, en Pologne… partout les droits des femmes sont remis en cause et les femmes sont renvoyés aux rôles traditionnels définis par les religions monothéistes : tu seras une femme au foyer, une pondeuse, un individu soumis ou alors tu seras une fille publique mise à la disposition de tous, une prostituée… Dans chacun de ces pays, les forces réactionnaires et conservatrices s’appuient sur le nationalisme et le cléricalisme pour dominer les peuples. Cette situation se traduit à chaque fois par un recul des droits des femmes, par le renforcement des préjugés sexistes, et par une interdiction des femmes à disposer de leur corps.

De même dans des Etats comme la France, les « réformes » visant à baisser le coût du travail et à « flexibiliser » le Code du travail se traduisent par une aggravation des conditions de vie des femmes. Faut-il le rappeler la précarité touche plus les femmes ? Notons enfin que les baisses de dépenses de l’Etat dans le domaine social et médical mettent en danger les femmes (fermeture de lieux d’accueil, d’hôpitaux…)

On ne peut pas défendre l’égalité en droit et les droits des femmes sans défendre les acquis sociaux, sans demander la Séparation des Eglises et des Etats partout dans le monde.

A des degrés divers et variés, le sexisme est lié à différents critères :

  • Le niveau social et la protection sociale du pays évoqué donc le rapport entre les classes sociales.

  • Le degré d’influence des religions sur le pouvoir politique.

  • Le niveau d’instruction de la population

  • La force des organisations ouvrières et démocratiques.

Il serait beaucoup trop long de faire ici la liste exhaustive des atteintes faites aux droits des femmes de par le monde. Elles sont de plusieurs ordres qui vont des inégalités salariales, à la répartition des rôles dans la société en passant par les agressions, les restrictions et les crimes. Bakounine disait: « Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres. »

Ainsi exiger l’émancipation des femmes, c’est demander l’émancipation du genre humain

Nous nous battons pour le droit des femmes à disposer librement de leur corps, nous exigeons la liberté du choix de la maternité, le droit à l’IVG, à la contraception.

Nous exigeons des pouvoirs publics que les mesures soient prises pour en finir avec les mutilations sexuelles, pour en finir avec les agressions, les viols, le harcèlement ; pour garantir le droit pour tous et toutes de circuler partout, d’accéder à tous les postes, à égalité de salaire… Il ne s’agit pas de revendications communautaires, mais bien de justice sociale et de progrès universel.

Sur ce terrain progressiste, nous ne sommes pas seuls…

Partout, de par le monde, des femmes et des hommes se dressent contre toute forme d’oppression, il nous revient d’aider ces militants et d’apporter notre éclairage dans cette situation troublée.

Partout dans le monde, des femmes et des hommes se dressent contre les forces de la réaction. Les récentes manifestations féministes aux Etats-Unis ne peuvent que nous encourager. Si nos acquis sont menacés, ils n’en sont pas moins toujours là comme un point d’appuis à tous les démocrates du monde. Il nous revient de favoriser l’émergence des idées progressistes, de permettre la rencontre et l’organisation des militants, mais aussi d’apporter nos arguments, et nos expériences.

En tant que libres penseurs nous avons des points de vue et des analyses sur les combats à mener et les questions à se poser :

Peut-il y avoir émancipation du genre humain sans Séparation des religions et des Etats ?

Peut-il y avoir lutte contre les préjugés sexistes sans une critique des dogmes religieux ?

Y aura-t-il égalité des sexes et progrès de l’Humanité si on conserve un régime économique basé sur les divisions et la valorisation du capital ?

Résolution adoptée à l’unanimité moins 4 Abstentions