Communiqué LP 37 : L’ULTRA-DROITE ET LA PRÉFECTURE ST-MARTIN ET L’ULTRA-DROITE

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Le 11 novembre, dans la soirée, une centaine de manifestants d’extrême-droite, porteurs de cagoules et de flambeaux, a défilé dans les rues de Tours. Cette faction de l’extrême-droite tourangelle était renforcée (selon la presse) par des groupes venus d’Orléans, de Rennes et d’Angers.

Des groupes font preuve, dans la situation chaotique et de crise profonde que nous connaissons, d’une grande audace. Ils sont certains qu’ils bénéficieront d’une certaine impunité ! Il y a des nostalgiques des défilés de la Cagoule (organisation politique monarchiste violente active dans les années 30) et des grandes manifestations aux flambeaux aux USA du Ku-Klux-Klan (racistes américains adeptes de la suprématie blanche, de la ségrégation raciale et responsables de milliers de lynchages de Noirs américains).

Selon les déclarations dans la presse, il semble que cette manifestation de l’ultra-droite n’ait pas fait l’objet d’une interdiction préfectorale ou policière. La préfecture laisse entendre que cette manifestation les a surpris. Notons que l’évêché a déploré l’utilisation de St-Martin par l’ultra-droite.

Beaucoup ont été choqués, des élus notamment, la presse… Nous sommes obligés de constater que l’émotion fut bien moindre quand le Préfet d’Indre-et-Loire a interdit par deux fois les manifestations de soutien au peuple palestinien et contre les massacres en cours dans la bande de Gaza, bombardée par les missiles et les avions israéliens et occupée par les blindés de l’armée. L’indignation ne peut pas être à géométrie variable.

L’extrême-droite a manifesté avec des slogans qui peuvent surprendre : « St-Martin, revenez ! La Touraine est en danger ! » « Touraine populaire, Touraine identitaire ! »Cela pourrait prêter à sourire…

En réalité, la référence de la part de l’ultra-droite à la religion et à St-Martin en particulier n’est pas fortuite. Tous les régimes dictatoriaux en Europe, en Espagne, au Portugal, en Amérique latine, Chili, Argentine, se sont appuyés sur la religion, catholique en particulier.

Mais qui était St-Martin ? Il est né en Pannonie (aujourd’hui Hongrie) vers 317 et sera élevé en Italie où il est enrôlé dans l’armée impériale. Après être devenu catéchumène à 10 ans, sa vocation chrétienne l’amène à se définir comme « soldat du Christ« .

La Libre Pensée a préféré, au mythe et à la légende fabriquée et réutilisée aujourd’hui, lire la source principale pour l’histoire de St-Martin : son biographe officiel et disciple, Sulpice Sévère.

Martin ne fut pas un évêque comme les autres. Il a évangélisé la campagne tourangelle. Il était en effet à la tête d’une véritable troupe d’une centaine de moines violents et brutaux. L’évangélisation se fait par le feu et l’épée : les massacres, la destruction des temples païens, des lieux de culte comme des fontaines, des sources ou des arbres sacrés.

Cette réalité est décrite par son disciple et biographe. Elle est fort éloignée du mythe cultivé pendant des siècles par la religion catholique et réactivé ces dernières années à propos du « partage ».

Comme officier, cet homme présenté comme violent possédait un esclave et des chevaux.

La légende du partage du manteau a été refabriquée, édulcorée. Racontée bien plus tard, cette scène n’aurait pas eu de témoin.

Une légende, comme les nombreuses autres autour de ce personnage, à qui on prête le pouvoir de stopper la peste, arrêter la grêle et la tempête, éteindre un incendie et ressusciter les morts. Rien d’étonnant à ce que les nostalgiques de la monarchie et de l’époque féodale trouvent une inspiration chez St-Martin !

L’obscurantisme et la réaction, cela existe encore.

Une question pour conclure : que pensent l’Évêché et le Cercle européen culturel St-Martin, financé par des fonds publics, de cette manifestation de l’ultra-droite ?

Référence : dans la collection « Trésors du Christianisme« , éditions CERF, la « Vie de St-Martin » de Sulpice Sévère (né vers 360, avocat bordelais converti à l’évangélisme radical, mort vers 400).

CONFÉRENCE PUBLIQUE

MACRON VEUT MILITARISER L’ÉCOLE ET LA SOCIÉTÉ (SNU, etc.)

SAMEDI 2 DECEMBRE à 14h30
LES HALLES DE TOURS 1er étage salle 120