Allons Enfants de l’Apatride !

Pour nous suivre

La Libre Pensée publie volontiers les deux textes suivants, faits à l’initiative de notre ami, camarade et compagnon Jean-Marc Raynaud des Editions libertaires.

Régalez-vous.

L’apatride en danger !

Le code civil prévoit déjà la déchéance de nationalité. Mais dans des cas précis. Restrictifs.

Le projet d’inscrire cette déchéance (en en élargissant les motifs) dans la Constitution lui confère une autre dimension. Et c’est pourquoi nombreuses sont les voix qui se sont élevées contre ce projet.

Au départ ce projet ne s’adressait qu’aux binationaux. Désormais il concerne TOUS les Français. Pire, seront déchus de la nationalité tout Français condamné « pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la nation ». Vous avez bien lu.
Mais, qu’est-ce qu’une atteinte grave à la vie de la nation ? Et est-ce que les délits d’opinion politiques, syndicaux ou autres entrent dans cette catégorie conceptuelle dont le vague ne le dispute qu’à l’ambiguité et à l’interprétation ?

Au départ, ce projet était destiné à terroriser les terroristes qui se moquent comme de leur première chemise d’être déchu de la nationalité française. Donc, inefficacité absolue.

Désormais il s’étend aux crimes et délits « portant une atteinte grave à la vie de la nation ». Couplé à l’état d’urgence cela donne, déjà, des assignations à résidence pour des écolos, des syndicalistes… Et des fichages S pour des gens comme moi.

Demain, donc, de simples délits d’opinion seront passibles de la déchéance.

Après demain, un régime autoritaire se contentera d’appliquer la Constitution pour embastiller toute déviance politique, syndicale…

Bref, ce projet dont la dimension politicarde (essayer de diviser la droite en avalisant le social libéralisme, pour garder le pouvoir) n’aura échappé à personne, relève de l’irresponsabilité politique la plus totale.

Irresponsable et suicidaire, car un régime autoritaire ne se privera pas, en toute légalité, d’embastiller, après les anarchistes, les communistes, les syndicalistes, les écologistes…, les socialistes.

Remember !

Face à autant d’irresponsabilité politique, une seule réponse, que nous permet encore la Constitution, l’insurrection des consciences !

État d’âme

État de fait

État policier

État d’urgence

Et ta sœur !

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Jean-Marc Raynaud (Francs Tireurs Partisans d’une citoyenneté mondiale)

F.T.P. (Francs tireurs Partisans d’une citoyenneté mondiale)

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le 22 janvier 2016

Objet : Demande de déchéance de la nationalité française

À M. le président de la République française.

M. le Président, nous vous faisons une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps.

Nous sommes nés dans ce pays, la France, par hasard. Nous n’avons choisi ni de naître, ni de naître en France. Il en va ainsi de tous les êtres humains.

Jusqu’à présent, ce non-choix ne nous posait pas de trop gros problèmes. Nous aurions pu tomber plus mal.

Depuis déjà quelque temps, cependant, entre Notre-Dame-des-Landes et la condamnation de syndicalistes à de la prison ferme, nous avions quelques doutes sur votre capacité à faire rêver d’une France dite pays des droits de l’homme. Vous nous accorderez de ne même pas parler de socialisme.

Avec votre dernier tripatouillage politicard à propos de la déchéance du droit de nationalité, les choses sont claires. Vous jouez avec les allumettes. Vous savez que les terroristes se moquent comme de leur première chemise d’être déchus ou non de… Et pourtant, vous êtes en train de mettre en place un arsenal juridique démagogue qui assigne aujourd’hui à résidence des écolos et des syndicalistes  et qui, demain, se retournera contre vous..

Rappelez-vous, Martin Niemöller. Libéré des camps par la chute du régime nazi, en 1945. Il est l’auteur de Quand ils sont venus chercher… faussement attribué à Bertold Brecht. Il disait :

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit,… je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit,… je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit,… je n’étais pas juif. Lorsqu’ils sont venus me chercher, …il ne restait plus personne pour protester. »

Monsieur le Président, demain, quand ceux que vous prétendez combattre seront au pouvoir, ils se contenteront d’appliquer vos lois. Comment ne comprenez-vous pas cela ?

Par voie de conséquence, comme nous le permet encore la Constitution, nous nous déclarons en situation d’insurrection.

Par la présente, veuillez recevoir notre demande de déchéance de la nationalité française. Pourquoi ?

Nous autres, Français de hasard, ne voulons plus être Français tant que vous incarnerez cette idée de la France.

Par la présente, nous vous informons également de notre volonté de créer dans les plus brefs délais une carte d’identité et un passeport de citoyen du monde.

Monsieur le président, prévenez vos gens d’armes, que nous serons lourdement armés de ces armes de destruction massive que sont l’intelligence, la non-violence, l’honneur et… l’humour. Et que nous n’hésiterons pas à tirer ! Avec ces armes là !

Jean-Marc Raynaud, Dominique Lestrat, Yannick Thébault, Stephane Troplain, Paul Boino, Annie Arroyo, Laurent Conduché, Thyde Rosell, Claudie Annereau, Thierry Sassi, Michel Di Nocera,

Jean-Pierre Georges, Bob Siné, Benoist Rey, Bertille Raynaud-Rosell, Ludovic Gardinal, Claudie Annereau, Michel Bonnet, Jean-Louis Larraux, Micheline Larraux, Patrick Schindler, Anita Alegre, Fabien Mallet…