Fédération nationale de la libre pensée

7 décembre 2015

Meeting du 5 décembre 2015

Discours de Philippe GUGLIELMI

Président d’Honneur de Laïcité-Liberté
au grand meeting national laïque
de la Libre Pensée le 5 décembre 2015


Chers camarades chers amis.

Au nom de l’association Laïcité Liberté, je veux remercier pour leur invitation le Président de la Libre Pensée Jean-Sébastien Pierre et mes amis Christian Eyschen et David Gozlan.

Je suis heureux de participer à ce meeting de militants laïques ou vous êtes venus très nombreux. Il s’agit sans doute du rassemblement le plus important pour faire la promotion du 110e anniversaire de la loi de 1905.

Dans le bonheur de ce jour, j’ai ressenti de la tristesse lorsque le nom de Marc Blondel a été évoqué. Marc, avec lequel Christian Eyschen moi-même avons partagé de nombreux combats, exerçait un véritable magistère sur son temps. Je veux lui dédier le propos de ce jour, j’espère que je ne l’aurais pas déçu.

J’interviendrai sur deux points, sans jeu de mots, je vous dispense du troisième. Je veux vous parler de la collusion des hiérarques religieux, puis des atteintes faites par l’école privée à notre école publique laïque et gratuite.

Lorsque je parle d’hiérarques religieux, j’emploie volontairement le pluriel, car je ne vais pas désigner une religion en particulier. Ces responsables de cultes ont souvent en France, cause commune, et il n’y a pas une soirée parisienne huppée, où ils n’affichent leur complicité. Le rapprochement des ecclésiastiques que tout oppose, ne serait pas en soi condamnable, s’il s’agissait d’une fraternité vraie. Mais nous pouvons juger que ces messieurs n’ont aucune influence car, ailleurs dans le monde, leurs adeptes, ceux qui agissent en leur nom selon des préceptes surannés, s’étripent cruellement.

La loi de 1905, nous ne devons pas l’oublier, fut une loi de compromis, que les laïques n’ont jamais voulu retoucher. Les atteintes multiples qui ont été faites à cette loi proviennent uniquement des milieux religieux. L’écrivain journaliste Christian GELEN écrivait dans son ouvrage « les casseurs de la République » : « le Conseil d’État communautarisme la République ». Il s’offusquait que la représentation nationale, les différents gouvernements, les institutions républicaines ne viennent pas en aide aux enseignants qui ne pouvaient se référer à aucun texte pour parer aux atteintes qui étaient faites à la laïcité.

Cela a été dit, l’école privée reçoit chaque année 10 milliards de subventions de l’État. C’est autant qui ne va pas à l’Ecole publique laïque et gratuite qui en aurait bien besoin. Je suis un élu d’un département populaire, ou parfois les parents font de gros sacrifices pour inscrire leurs enfants dans les écoles privées, souvent confessionnelles. Si ces écoles obtiennent 100 % au baccalauréat, c’est parce qu’elles ne jouent pas le jeu et qu’elles identifient en amont les élèves qui ne pourront pas obtenir ce diplôme. Elles les incitent alors à quitter le miroir aux alouettes qu’est l’école privée.

Les demandes d’interventions sont nombreuses pour les élus locaux, aux fins de réintégrer ces enfants dans l’école de la République. Cette duperie est inadmissible, elle doit cesser !
J’ai promis d’être court, je le serai en vous disant que mon intervention peut se résumer en un groupe de mots :
                            « l’argent public à l’Ecole publique, un point c’est tout ! »

Retour