Fédération nationale de la libre pensée

29 août 2016

CONGRES DE BOURG_LES_VALENCE

Motions

1ère MOTION

Le congrès national de la Libre Pensée, réuni à Bourg-lès-Valence du 23 au 26 août 2016, a été informé qu’une campagne de calomnies et de diffamation est en cours contre le mouvement qui appelle au boycott des produits israéliens du fait de l’attitude de l’Etat sioniste contre les palestiniens
La campagne de boycott BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) est une campagne internationale appelant à exercer diverses pressions économiques académiques, culturelles et politiques sur Israël afin d’aboutir à la réalisation de trois objectifs :
La fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes et le démantèlement du mur
L’égalité complète des droits pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël
Le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs maisons et propriétés.
Il n’appartient pas à la Libre Pensée de se prononcer sur la solution politique appropriée au Moyen Orient, mais elle affirme le droit imprescriptible du peuple palestinien à disposer librement de lui-même, de sa terre et de sa destinée.
Il n’appartient pas non plus à la Libre Pensée d’appeler au boycott. Les Libres Penseurs se doivent de combattre toute atteinte à la liberté d’expression.
Ils ont constaté que la France est le seul pays européen où les activités de boycott sont criminalisées, confirmées par deux arrêtés de la cour de Cassation, le 20/10/2015, s’appuyant sur l’article 24 alinéa 8 de la Loi sur la Presse et faisant suite à la circulaire « Alliot-Marie » de février 2010
La Libre Pensée estime inadmissible que ceux qui combattent la politique coloniale de l’Etat d’Israël soit taxés d’antisémites et trainés devant les tribunaux. On a le droit de condamner des pratiques réactionnaires et racistes sans être calomniés par la qualification d’antisémites.
L’antisionisme et l’antisémitisme n’appartiennent pas à la même catégorie:l’antisionisme est un engagement politique alors que l’antisémitisme est un délit de racisme.La Libre Pensée dénonce la manipulation qui consiste à assimiler les deux pour mieux couvrir les forfaitures de l’Etat d’Israël.
Le congrès national de la Libre Pensée exige l’arrêt des poursuites menées contre tous les militants de la campagne BDS et le retrait de la circulaire Alliot-Marie.
Adoptée à l’unanimité

2ème MOTION

Le congrès national de la Libre Pensée, compte tenu des deux jugements rendus par les tribunaux français, tout d’abord celui rendu par la cour de Cassation de novembre 2014 dans l’affaire opposant René Lebouvier à l’Eglise catholique et celui de décembre 2015 dans l’affaire opposant Joël Pitt à l’Eglise Réformée de France, demande à la CAN :
De rédiger un état des lieux de la situation juridique en matière de débaptisation
De mettre à jour les conseils prodigués dans le cadre de l’opération « Crayon rouge » intégrant les résultats de ces deux jugements.
Adoptée à l’unanimité

3ème MOTION

Le congrès national de la Libre Pensée, réuni à Bourg-lès-Valence, informé du procès en cours contre l’historien Maâti Monjib et six de ses amis, tous militants des droits de l’homme au Maroc, et de la tenue d’une nouvelle audience, le 26 octobre prochain tient, une fois de plus, à affirmer son attachement indéfectible aux libertés politiques dont la liberté d’expression.
La Libre Pensée ne veut, en aucune manière, s’ingérer dans les affaires marocaines ; les Etats sont souverains et le peuple marocain est un peuple majeur, comme tous les peuples.
Parce que nous refusons toute forme de colonialisme et toute forme de propagande contre les Etats souverains, prétexte à une intervention plus ou moins ouverte, parce que nous sommes partisans de la liberté pour tous, nous demandons l’arrêt des poursuites et la liberté pour Maâti Monjib et de ses co-inculpés.
Adoptée à l’unanimité

4ème MOTION

Le congrès de la FNLP réuni à Bourg les Valence demande que la CAN mette en place une commission pour :
Réexaminer les dispositions actuellement en vigueur pour les déductions fiscales en cours au sein de la Fédération Nationale et les confronter avec les possibilités découlant des textes législatifs et réglementaires en cours.
Pour que soient étudiées, les modalités de mise en œuvre d’un nouveau dispositif de déduction fiscale dans le cadre, stricte, des obligations légales, et conforme à la réalité de la vie et du fonctionnement de toutes les structures.
En intégrant dans son champ d’étude tous les niveaux et prenant en compte l’ensemble des sommes versées par ses membres : cotisations, abonnements, dons, abandons de créances etc.
Et de présenter un rapport sur ce sujet au prochain congrès national de la Libre Pensée, en vue de la rédaction d’un guide.
Adoptée à l’unanimité

5ème MOTION

Le congrès national de la Libre Pensée réuni à Bourg-lès-Valence s’associe pleinement à la démarche de l’UFR de Philosophie de Rennes concernant la condamnation d’un étudiant en philosophie à la prison ferme dans le cadre des dispositions mises en place par la loi instituant l’état d’urgence à partir de l’incident décrit par 21 professeurs, maîtres de conférence, chercheurs et salariés de l’UFR de philosophie de Rennes, en annexe.
Comme l’UFR, le congrès rappelle que la condamnation immonde de cet étudiant à de la prison ferme impliquera pour lui l’interdiction d’enseigner.
Le congrès rappelle à tous et à toutes que notre camarade Ferdinand Buisson, en son temps, fut jugé inapte aux études pour de prétendus problèmes de santé pour, par la suite, être reçu deuxième à l’agrégation de philosophie, mais étant désigné comme « agitateur » en conséquence de son refus de prêter allégeance à un régime totalitaire, fut contraint de s’exiler à Neuchâtel.
Le congrès national de la Libre Pensée exige l’annulation de la condamnation et le retrait de l’inscription sur son casier judiciaire.
Par extension, le congrès national demande l’arrêt de toutes les poursuites contre les militants syndicaux et politiques, les jeunes et les manifestants  opérés dans le cadre de la loi instituant l’Etat d’urgence. Loi scélérate dont le congrès exige la levée immédiate.
Adoptée à l’unanimité.

ANNEXE

Le vendredi 27 mai 2016 ? Quentin un étudiant en 3ème année de licence de philosophie, croise trois de ses camarades devant une sandwicherie du centre de Rennes. Les trois  jeunes gens ont un vif échange avec l’employée, concernant le caractère sexiste et homophobe des « bons mots » de l’établissement. Sur la devanture, les tables et les emballages, on peut lire : « Il existe trois catégories de femmes : les putes, les salopes et les emmerdeuses», « J’en ai marre de ces gays-là », « L’amour, c’est sportif surtout quand y en a qui n’est pas d’accord » et d’autres formules du même tonneau. Le ton monte. Une brève échauffourée, sans gravité, s’en suit entre l’un des jeunes gens et le restaurateur, excédé par la mauvaise réputation faite à l’établissement. A peine plus de 24 heures plus tard, Quentin est jugé en comparution immédiate et condamné à un mois de prison ferme avec effet immédiat.
Le caractère absolument disproportionnée de la peine laisse sans voix. Quentin n’a, ni porté de coup, ni dégradé quoi que ce soit. Son casier judiciaire était vierge. Présenté comme un « activiste » par la presse, on ne lui connait pourtant aucune affiliation à quelque groupe politique que ce soit. Nous les professeurs, qui l’avons accompagné durant ses années de licence et qui bâtissons avec lui son avenir professionnel, pouvons témoigner d’un étudiant sérieux, investi, doux, très apprécié de ses camarades, à mille lieux de la caricature d’agitateur violent que pourrait suggérer la qualification pénale des faits : « violence en réunion dans le cadre d’une manifestation » Il paie, à l’évidence, pour s’être trouvé là dans un contexte local tendu par trois mois de manifestations à l’encontre de la loi Travail, émaillées de violences et de dégradations. Or, rappelons-le avec force, la présence de Quentin sur les lieux, motivée par une indignation spontanée, n’a aucun rapport avec les dites manifestations, dont l’une à bien eu lieu e jour même des faits, mais à un tout autre endroit, à un tout autre moment. S’il faut entendre l’exaspération bien légitime de certains commerçants rennais on ne leur rendra pas justice en désignant des victimes expiatoires. Dans un tout autre contexte, Quentin n’aurait pas été inquiété.  Ce qui lui est arrivé aurait pu arriver à n’importe qui. C’est pourquoi, nous, les enseignants-chercheurs et personnels administratifs de l’UFR de philosophie de Rennes 1, faisons appel de la condamnation de Quentin et demandons son entière réhabilitation.

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