Fédération nationale de la libre pensée

6 avril 2015

Editorial

« Les prêtres », l’évêque et le Premier ministre.

Ainsi, un boy’s band propulsé par un évêque producteur rompu au marketing s’affiche donc dans les couloirs du métro et agrémente sa communication d’une référence aux chrétiens d’Orient et voici que la confusion s’empare de nouveau des media et que le Premier ministre tranche en une phrase, alors qu’un tribunal civil est appelé à juger en référé.

La laïcité n’est nullement en cause, la RATP est une régie exploitée sous la forme d’établissement public industriel et commercial, c’est-à-dire une entreprise qui, comme bien d’autres, a ses propres pratiques en matière de contrats publicitaires, c’est d’ailleurs ce que le tribunal s’apprête à juger.

Mais la confusion existe bel et bien et elle a un sens celui de ramener les communautés religieuses au centre des débats publics et de faire du Premier ministre, qui se met facilement dans la peau du Premier consul du concordat de 1801, devenant l’arbitre des bonnes pratiques religieuses, tandis que l’évêque Di Falco promeut son petit commerce en utilisant les faits de guerre dramatiques qui se déroulent en Irak et en Syrie.

De nombreuses minorités religieuses : catholiques, orthodoxes, nestoriens, alevis, yezidis , bektachis… sont victimes de crimes de masse et d’exactions dans les conflits qui ravagent la Syrie et l’Irak depuis vingt-cinq ans, alors même que les individus y sont plus que jamais assignés à une identité communautaire. Le fait pour l’évêque Di Falco de soutenir l’une d’elle relève de sa décision politique, en cohérence avec celle du Pape ; cela confirme le retour de l’Église catholique sur la scène politique, ce qui est son droit.

Mais qu’un Premier ministre de la République s’engage dans cette polémique au côté de l’évêque, cela confirme l’appréciation de la Libre Pensée : quand la « laïcité » est partout, elle n’est nulle part ! Cette confusion entretenue est lourde de tous les dangers.

 

La Libre Pensée invite citoyennes et citoyens à conforter à ses côtés la loi de Séparation des Eglises et de l’État en préparant la manifestation nationale organisée le 5 décembre 2015 à Paris à l’occasion de son 110e anniversaire.

 

Paris le 6 avril 2015
 

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