Fédération nationale de la libre pensée

5 janvier 2018

Communiqués

Deux "Idée Libre" à recommander et ... A quoi sert M. Valls ?

Un numéro particulièrement intéressant de l’Idée libre, revue culturelle de la Libre Pensée sur « Laïcité et Entreprise »

Ce numéro de l’Idée Libre, revue de la Libre Pensée, est consacré à la question « Laïcité et Entreprise » qui ne peut être abordée, selon nous, sans la placer en regard d’une analyse de ce qu’est la Doctrine Sociale de l’Église (DSE) qui éclaire l’origine et les méthodes de ses tenants.

Nous avons également voulu rappeler que le patron de « Paprec », représentant typique des défenseurs de la Loi El Khomri et chantre de ce qui est frauduleusement présenté comme étant la « laïcité à l’entreprise » restreignant les droits et libertés des employés, ne s’est pas gêné pour indiquer aux salariés de cette société comment il fallait voter ou ne pas voter aux élections présidentielles, rejoint en cela par celui de l’entreprise « Paul ». Soulignons tout de même, qu’au-delà de dicter des consignes, leur prétention est bien de parler au nom de l’Entreprise toute entière, comme une entité totalitaire embrassant tous les domaines de l’action et de la pensée des salariés, des individus, des citoyens.

Ne voit-on pas, chaque jour, qu’Emmanuel Macron propose l'entreprise comme modèle politique, emboitant le pas à Donald Trump et Recep Erdogan qui déclaraient vouloir diriger leurs pays respectifs « comme une entreprise » ? Ne voit-on pas, chaque jour, l’accent mis sur la sacro-sainte « Sociéte civile » et son implication dans les relations entre Capital et Travail ?

Il était donc essentiel de souligner, en contrepoint en quelque sorte, le rôle et la place du Syndicalisme tel qu’il est défini par la Charte d’Amiens. Nous avons donc fait une place importante à cet aspect, décisif à la fois pour les conquêtes sociales et pour les Libertés démocratiques.

Pour finir, il nous a semblé utile, prenant l’exemple des Hôpitaux publics, de montrer comment les adeptes de la prétendue « laïcité à l’Entreprise » n’avaient de cesse, dans une contradiction qui n’est qu’apparente, de remettre en cause la Séparation des cultes et de l’État, la Laïcité donc, dans les Services Publics.

Nous vous recommandons aussi le numéro précédent de l’Idée libre sur « Marianne, la croix et  le croissant » qui est un utile complément dans le débat sur ce qu’est vraiment la laïcité et sur ce qu’elle n’est pas.

Enfin, comme c’est le temps des étrennes, la Fédération nationale de la Libre Pensée vous offre un article sur Manuel Valls qui sera publié dans l’Idée libre de mars 2018. Nous vous invitons à le diffuser largement, il est éclairant sur une opération de totale mystification antilaïque.

Les conditions pour se procurer ces numéros sont dans le document ci-dessous.

 

 

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Les Hommes du Vatican
A qui et à quoi sert Manuel Valls ?

 

C’est l’homme de tous les reniements et de tous les parjures. Il n’y a quasiment pas une vilenie qu’il n’ait commise. Aucun honneur, aucune dignité, il est unanimement détesté. C’est un homme du Vatican, mais dans la série des Borgia : aucun scrupule ne l’anime pour acquitter sa soif de pouvoir. Totalitaire au petit pied et au coup de menton dérisoire, on ne dira jamais assez de mal de lui.

Il est né le 13 août 1962 à Barcelone. Il est mort politiquement aux primaires du Parti socialiste pour les présidentielles en janvier 2017. Tout jeune, pourtant, il a déjà les dents qui rayent le parquet. Comment réussir quand on n’a pas de moyens et qu’on est dans aucune des grandes écuries du Parti socialiste ? Une seule solution s’ouvre devant lui : inscrire ses pas dans ceux de Michel Rocard, ultra-minoritaire au PS, mais il sait que la tradition « socialiste » veut qu’on donne toujours un strapontin aux nains politiques. Quand le gâteau est grand, il y a toujours des miettes à récupérer pour les besogneux.

A l’UNEF et au PS, il est donc rocardien. Cela ne mange pas de pain, mais cela le marque comme un catho-socio. De là date sans doute sa conversion cléricalo-politique à la religion chrétienne qui lui fera faire ses dévotions, quand il sera Premier ministre pour se rendre au Vatican assister à la béatification de deux papes. Comme « laïque », on a vu mieux ; comme « laic », il est parfait dans le rôle. Dans le Figaro en novembre 2017, il déclarera : « S’il y avait un problème avec l’Église catholique en matière de laïcité, cela se saurait ».

A force de sucer la roue des « éléphants du PS », en poussant des coudes et en n’hésitant jamais à faire sortir de la route les concurrents qui pourraient faire obstacle à ses ambitions, il devient ministre. Sa référence, c’est Clemenceau, le briseur de grève. D’où son aversion prononcée contre le syndicalisme ouvrier. On le verra très clairement au moment de la bataille contre la loi El Khomri où ses crises d‘autoritarisme ont fini par gêner, même dans son camp.

Mais de tous temps, il est victime d’une impéritie permanente. Général sans troupe, il entraîne même les autres à la défaite. Hollande, El KhomriCambadélis, son chemin de croix politique est jalonné de tombes et de cercueils. Tout ce qu’il touche est atteint. C’est l’homme de la défaite permanente.

A force de trahisons et de coups bas, il finit par être Premier ministre du 31 mars 2014 au 6 décembre 2016. Il humilie Emmanuel Macron qui lui en garde un chien de sa chienne. Il n’en finira pas de payer, mais à la façon des Jésuites : le goutte-à-goutte, long et incessant. Un coup, Frère Emmanuel fait semblant de le soutenir, un autre de le bloquer, un troisième de le laisser faire. Le catho-socio Valls ne sait plus à quel saint se vouer. Un comble pour un agenouilliste papiste !

Valls ne va avoir de cesse de torpiller la possible candidature de François Hollande pour sa réélection à la Présidence de la République. Il participera activement à la décision de non-candidature du Président sortant. La voie lui semble alors ouverte pour sa candidature.

Valls, trahison toujours ou le nom maudit ?

C’est un homonyme, mais cela ne manque pas de sel. James Guillaume, l’historien de l’Association internationale des Travailleurs, du point de vue des libertaires, révèle (en pages 257 et 258 du Tome III de ses souvenirs) qu’en janvier 1875 en Espagne, le jeune roi Alphonse XIII prend le pouvoir. Il veut se faire acclamer à Barcelone par « les ouvriers ». Sa police sort des geôles « un ouvrier, tisseur mécanique, nommé Valls, qui y subissait une peine de prison de 12 mois pour une affaire grave ».

La police lui propose alors, en échange d’une remise de peine totale, de réunir des milliers d’ouvriers pour acclamer le roi. James Guillaume commente : « Valls eut la faiblesse, ou plutôt l’indigne lâcheté d’accepter, … en échange du service qu’on lui demandait ». Il ne put réunir que 140 ouvriers. Sa trahison restera longtemps dans les mémoires des travailleurs espagnols.»

La suite est racontée par Wikipédia : « Le 22 janvier 2017, à l'issue du 1er tour, il arrive deuxième derrière Benoît Hamon avec environ 31 % des voix contre 36%. Il se lance alors dans une campagne plus agressive de second tour refusant de s'engager à soutenir son concurrent s'il l'emportait et « [accusant] son adversaire de proximité avec l'islamisme radical ».

Un politicard sans principe

Le 29 janvier 2017, à l'issue d'un second tour rassemblant plus de deux millions de votants, il est battu par Benoît Hamon (41,31 % des voix contre 58,69 %). En dépit de la règle fixée lors des primaires, il refuse d'apporter son parrainage à Benoit Hamon expliquant être en désaccord avec ses propositions. La Haute autorité des primaires dénonce un « manquement à la parole donnée » qui « contrevient gravement au principe de loyauté et à l’esprit même des primaires».

Le 29 mars 2017, invité sur la chaîne BFM TV, il appelle au soutien d'Emmanuel Macron dès le premier tour. Le même jour, dans une interview accordée à l'Obs, il se déclare prêt à travailler avec François Fillon dans l'hypothèse de la victoire de ce dernier pour « trouver des compromis avec la droite parlementaire ».

Au lendemain de la qualification d'Emmanuel Macron pour le second tour de la présidentielle, il déclare : « nous devons être prêts à le soutenir, à l'aider, à participer à cette majorité ». N'annonçant pas son départ du PS, il appelle de ses vœux à une exclusion des proches de Hamon ou à une scission : « Ceux qui ne partagent pas les mêmes idées, ceux qui sont en désaccord sur l'Europe, sur l'économie, sur l'entreprise, sur les questions de sécurité ou de laïcité peuvent-ils encore être dans la même famille politique ? Personnellement, je ne le crois pas, donc doit venir le temps enfin de la clarification ».

Gageons que si sa carrière devait nécessiter un rabibochage avec ses ennemis d’hier, Valls n’hésiterait pas un instant à retourner au PS. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Un étrange attelage qui a fini dans le fossé

Il faut bien tromper le petit peuple, alors quand le costume est trop petit, on en taille un autre. Aussi, comme un politicien radical de la belle époque, Manuel Valls va se travestir en « laïque pur et dur »… de la feuille sans doute. Il veut casser « de l’arabo-musulman » pour complaire à un électorat xénophobe. Son credo est plus que primaire : l’islamisme, c’est l’Islam, ce sont donc les musulmans. Tous coupables, tous responsables. Par contre, pour l’Eglise catholique, il a les yeux de Chimène.

C’est le même discours (quasiment au mot près) que le très xénophobe délirant Benoit Raysky, dont la haine (comme celle de Valls) n’a aucune limite, quand il en appelle ouvertement à la ratonnade :

« Les tueurs et les candidats pour le devenir se ramassent à la pelle. Il y en a plein à Molenbeek, plein du côté de la gare de Bruxelles, un quartier entièrement noir de la couleur des burqas qu’on y croise. En France, il y en a tout autant. Appliquant les théories guerrières de Mao Zedong, ils sont comme des poissons dans l’eau au sein de populations qui, par crainte ou par solidarité, taisent leur présence, et, bon gré mal gré, les protègent. C’est là qu’il faut aller. Immeuble après immeuble, cage d’escalier après cage d’escalier, pour les traquer et en tout cas pour les empêcher de dormir tranquillement, blottis contre leur kalachnikov…

Les assassins ne sont pas là-bas. Ils sont chez nous. De chez nous. Ils ne sont pas comme nous. Et nous ne sommes pas comme eux. Donc pas question de leur ressembler. Mais il nous faut être sans complaisance et aussi sans compréhension coupable, avec ceux qui les soutiennent et qui les abritent. Quand il y a trop de poissons dans l’eau, c’est à l’eau qu’il faut s’attaquer. Fouiller, perquisitionner, stigmatiser (oui, stigmatiser !) sans relâche, en permanence. Pas dans l’espoir très aléatoire de trouver les assassins et leurs complices immédiats. Juste pour faire comprendre à tous ceux qui pratiquent l’omerta qu’ils n’auront plus désormais la vie tranquille. La peur doit changer de camp. Et alors, qui sait l’eau finira par expulser les poissons à qui elle permet généreusement de faire « plouf plouf » (22 mars 2017).

Le style, c’est l’homme. Et l’Homme est un fou furieux délirant.

En clair, tous les musulmans sont responsables des terroristes assassins, ils les protègent. Ils sont coupables. Encore un effort Benoît ! Propose de prendre des otages et de les fusiller, comme au bon vieux temps ! Ah, Aussaresses, comme tu nous manques… » (Arsenic et vieilles ficelles n°4). Valls fera quasiment pire. Pour lui, commencer par expliquer les attentats, c’est déjà excuser les terroristes.

Et c’est ce Valls-là qu’un conglomérat sans grands principes va baptiser de « laïque » espérant qu’il sera élu Président de la République et qu’il pourra se montrer généreux après en matière de places et de postes. Nous n’aurons pas la cruauté de citer les membres de cette « société du 10 décembre », ils se reconnaîtront sans peine. Mais tout cela finira dans un ridicule achevé, Valls sauvant son siège de député, mais le couperet est passé bien prés. L’attelage est dans le ravin, et le cocher appellera piteusement à voter Emmanuel Macron pour tenter de faire oublier ses turpitudes.

A quoi sert Valls ?

Un autre aspect est également à souligner. La question de l’Islam est aussi utilisée pour créer un pont entre la « droite » et la « gauche », afin de réaliser l’union nationale « la grande coalition façon Merkel » made in France, pour ligoter la classe ouvrière et ses organisations. Cette forme d’union nationale prend aujourd’hui la forme du Macronisme qui a pour objectif, en cassant les formes traditionnelles de représentation politique et sociale, d’être le creuset de l’union nationale corporatiste.

C’est là toute la place confiée à Manuel Valls. Tous les tenants de la xénophobie antimusulmane (en fait anti-arabe) ont comme point de ralliement Valls. Il est le pont entre les différentes factions de l’impérialisme. On assiste aussi à une tentative de subversion des associations laïques, mais la fracture est désormais nette entre ceux qui veulent rester sur la ligne traditionnelle de la Séparation de 1905, qui est constitutive de la démocratie, et ceux qui, en faisant des musulmans le bouc émissaire, s’inscrivent dans un dispositif de guerre civile contre la démocratie, la laïcité et le mouvement ouvrier. Ils remettent l’Église au centre avec sa Doctrine sociale, idéale pour les besoins du Capital.

Marcel Valls et Manuel Déat

Mais il est une chose de rêver, il en est une autre de réaliser. Le pays a déjà commencé à le montrer. Autre ironie de l’histoire, deux hommes de la réaction se tendent la main à travers le temps : Marcel Déat et Manuel Valls. A une différence près et d‘importance : Marcel Déat fut à une époque véritablement laïque avant d’être un suppôt du Régime de Vichy, ce qui n’a jamais été le cas de Manuel Valls, qui a toujours été un corporatiste clérical dans l’âme.

Christian Eyschen

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