Fédération nationale de la libre pensée

14 mars 2019

Communiqués

La grande messe pour le climat et l'invention du délit de blasphème scientifique

En quelques années, la jeunesse de notre pays a connu la destruction physique de pans entiers de l'Humanité : l'Afghanistan, l'Irak, la Lybie, la Syrie... Sous nos yeux, le peuple palestinien est parqué dans des prisons à ciel ouvert, et le Yémen connait un déluge de bombes, made in France, et 80 enfants meurent chaque jour de faim...

L'armement actuel des puissances militaires est en capacité de raser toutes les grandes villes du monde, et pourrait provoquer des pandémies. Quand ce n’est pas sur le terrain militaire, c’est l’économie qui prend le relais. Après la crise de 2008, tous les experts se demandent quand les prochaines bulles vont éclater, menaçant toute l'économie mondiale.

Ce tableau rapide, connu et non-discutable, puisque factuel, est sous nos yeux. Or, depuis des mois, s'accélère une campagne d'une ampleur inédite : médias, gouvernement, responsables politiques de tous bords l'affirment : le monde est menacé par... le climat ! Les termes de « fin du monde » sont systématiquement accolés aux termes de « climat », « réchauffement climatique » ou, plus prudemment : « changement climatique ».

La jeunesse enrôlée comme au bon vieux temps

Et comme dans ces occasions, ce sont les jeunes qui sont utilisés : des enfants de 14 ans deviennent des stars médiatiques de shows et de démonstrations visant à faire « prendre conscience » de la nocivité des activités humaines et ce, souvent « à l’insu de leur plein gré ». Une grève « pour le climat » est prévue ce 15 mars et le gouvernement encourage cette propagande dans les établissements scolaires par l’organisation de débats.

Tout est bon dans cette nouvelle croisade et plus besoin d'avoir la moindre compétence dans le domaine : une image d'ours malade, un iceberg qui se détache, et voilà que tout le monde est invité à penser la même chose. Bien entendu, l'heure n'est pas à l'augmentation des salaires ou à la défense de l'industrie, on l'aura bien compris (puisque là, c’est de « fin du monde » dont il s’agit). Qui, face à un tel cataclysme annoncé, pourrait oser penser égoïstement à sa retraite ou à ses 5 euros d'APL, dont on nous a expliqué toute la futilité ringarde (leur suppression, ne l’étant pas, bien évidement).

Ainsi, ceux qui provoquent guerres, famines, épidémies, effondrements économiques ou asphyxie de pays entiers, invitent sans honte les étudiants et jeunes à se révolter… contre l’Humanité jugée menaçante envers elle-même et la planète. En effet, ce serait l’homme, dans sa totalité et entièreté indépendamment de sa condition sociale et économique, du marchand d’armes au SDF, qui serait responsable du danger imminent qui menace l’Humanité et la planète et serait coupable des catastrophes bien réelles qui se produisent sous nos yeux tous les jours. Tous humains, tous responsables, on vous dit. Cela va même plus loin, puisque dans une revue universitaire publique, on trouve tout naturellement ce titre : « l’homme, cette espèce cancérigène »… Avec cela, famines et guerres ne peuvent être que salvatrices…

Pour couper court à toute discussion, un des partisans de ce mouvement, François-Marie Bréon, n'hésite pas : « On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie »(1).

 Le climat peut tout justifier, même la dictature. Un bel avenir pour la jeunesse.

Le GIEC, la machine qui aide à trouver ce que l’on cherche

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) est l'organisme qui fait la pluie et le beau temps en matière de climatologie : ses rapports donnent le la en la matière. Or, celui-ci est le seul exemple de discipline où les résultats de la science sont contrôlés par une bureaucratie politique, qui aide les chercheurs à chercher là où il le faut. Au sein du GIEC, chaque gouvernement possède une voix. Ainsi le GIEC est aujourd'hui présidé par un économiste libéral, Hoesung Lee, frère de l'ancien Premier ministre ultraréactionnaire coréen Lee Hoi-Chang. C’est ainsi que des modèles de prévisions climatiques, très divergents et complexes, sont contrôlés par des paramètres, dont les variations initiales aboutissent à des résultats plus ou moins catastrophistes.

Le GIEC (créé par Ronald Reagan et Margareth Thatcher), pendant des années, a pu ainsi imposer un consensus à grands coups de campagne médiatique : qui pourrait rester insensible devant une possible fin du monde, dont nous serions tous responsables ? Cependant, l'affaire du Climatgate de 2009 a bien entamé le prestige de l'institution : des petits malins ont mis à jour les méthodes très étonnantes d'un point de vue scientifique sur les tendances à montrer des résultats sous un certain jour... alarmiste ! Le GIEC en a pris un coup, mais il continue tout comme l'ONU  (bien discréditée par ses positions face à la guerre en Irak), cela « marche » encore.

Cop 13 à 24 : la der-des-der

La COP (conférences des parties en référence aux parties signataires du protocole de Kyoto) est un événement étrange : depuis 25 ans, les conférences COP sont censées sauver l'Humanité. A chaque fois, l'enjeu est immense, c'est presque la dernière chance... jusqu'à la prochaine.

Le constat est clair : s'il manque d'argent pour beaucoup de choses (les caisses sont vides dit-on aux syndicalistes), en revanche pour financer le déplacement de 21 000 personnes(2), (plus tous ceux qui gravitent autour, et les 1 500 journalistes agréés) essentiellement des politiques, des membres de cabinets de ministères et d'ONG, l'argent coule à flot. Environ 200 millions d'euros. Quant aux scientifiques, ils ne sont qu'une infime minorité, et bien entendu mieux vaut être dans le discours ambiant pour avoir une chance d'en être.

Cette énorme usine à gaz, mêlant contributions des Etats, débats sans fin et engagement plus ou moins contraignant aboutit essentiellement en des accompagnements économiques de business « vert ». En effet, comme le relève Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts : « l'accord de Paris sur le climat a donné un coup d'accélérateur aux levées de fonds ». Il faut savoir qu'environ 60 milliards d'euros d'actifs sont gérés par 223 fonds européens dédiés à l'environnement. Objectif de la Commission européenne : 180 milliards par an pour l'aide aux entreprises « vertes » (qui le sont toutes en pareille occasion). Derrière les images d'ours polaires faméliques, les affaires vont bon train.

Le délit de blasphème dans la sphère scientifique ? Peut-on encore débattre, émettre des doutes, discuter ?

Etonnant qu’une science comme la climatologie, par nature complexe, puisque mêlant plusieurs phénomènes, dont certains sont chaotiques, dont les modèles sont d’une extrême variabilité, puisse créer un prétendu « consensus » avec autant d’aplomb. Il faut dire que rarement une telle science n’a subi autant de pression de la part des politiques.

C’est ainsi que Valerie Pécresse, à qui l’on doit la LRU et le refroidissement des budgets des universités, a commandé un rapport à l’Académie des sciences en 2010, dont elle sera très satisfaite, puisqu'enfin le réchauffement par les activités humaines est officialisé. S'il est admis que des zones d'ombre subsistent, le communiqué du ministère de l’époque précise la manière dont ceci devra être élucidé : « Ce rapport sera donc un outil pour nous guider dans nos choix pour les investissements d’avenir ». Autant dire que ce genre de menace aide grandement à homogénéiser la recherche dans le cadre de la présentation des Labex Idex et autres mises en concurrence pour la course à l’échalote…

Dans le même temps, les rares scientifiques qui oseraient contredire les rapports du GIEC sont tout simplement mis de côté. Etrange situation où l’inénarrable Ségolène Royal peut sans craindre le ridicule expliquer : « cet ours blanc, c'est terrible » en parlant d'un animal manifestement malade (alors que le nombre d'ours polaires ne bouge pas, ils sont aux alentours de 25 000) et où dans le même temps, des vrais scientifiques qui chercheraient ailleurs que dans les rapports du GIEC, sont littéralement mis au ban de la communauté scientifique.

Dans ces conditions, aucun jeune chercheur désirant un poste ne peut songer une minute à chercher à discuter : le résultat est donné, il faut chercher les moyens d'arriver au résultat. Le concept précède la preuve.

Coucou, revoilà l’Eglise !

La Libre Pensée connait bien les liens entre la CFDT et l’Eglise : cette organisation de salariés n’est rien d’autre que la CFTC ayant subi un relooking extrême. La CFDT, dont le but avoué est d’empêcher les grèves, a été la principale aide à tous les gouvernements dans leurs œuvres de destruction sociale, tout domaine confondu. Mais, ô surprise, cette fois, la CFDT est pour la grève : « je préfère toujours voir des lycéens se mobiliser sur des causes nobles et justes, pour le climat… plutôt que sur des choix sur telle ou telle réforme de droit du travail » assène son Secrétaire général ! Oui : ceux qui liquident le Code du travail préfèrent clairement qu’on fasse la « grève pour le climat ». L’opération est grossière et révélatrice, mais cela marche (il suffit de le répéter un grand nombre de fois, comme disait l’autre) !

C’est sans surprise donc, mais profitant de l’opération en cours sur le climat avec frénésie, que l’ancien ministre macroniste Nicolas Hulot et Laurent Berger, Secrétaire de la CFDT, ont signé une tribune commune largement relayée par toute la presse aux ordres, sous la forme de « 66 propositions pour un pacte social et écologique ». 66 propositions, soutenues par… le Secours Catholique, ATD Quart Monde, la CIMADE, la fondation Abbé Pierre, et la FAGE, notamment et la CFTC (n’oublions surtout pas la maison-mère)… Si le titre est fort sympathique, la réalité analysée à l’aune de la politique macroniste l’est beaucoup moins…

Le Pacte social et écologique de Hulot/Berger, c’est l’Evangile selon saint-Macron

L’objectif revendiqué : sauver le Grand débat national où l’homme en chemise blanche s’évertue à asséner ses dogmes. D’où vient le mal ? : « Notre incapacité à agir collectivement vient d’abord de ce que nous avons abandonné l’idée de bien commun ». Le Bien commun est un terme tout droit sorti des encycliques papales, cela mélange le bien du patron qui exploite et celui du salarié qui est exploité. C’est aussi celui du partage « dans l’amour chrétien » de celui qui licencie et de celui qui est licencié. Nous sommes « Tous Frères en Jésus-Christ », n’est-il pas ?

Pour Hulot et Berger, il faut « généraliser les repas bio dans les établissement publics et privés » pour alimenter un circuit commercial en pleine expansion. Il faut « des retraites avec un niveau de pension qui ne puisse pas être inférieur au SMIC… pour une carrière pleine ». Tant pis si vous avez cotisé à une complémentaire. Les deux compères veulent faire du Compte personnel de formation un moyen de concurrence de l’enseignement public et favoriser les « adaptations aux métiers » voulues par le patronat.

Il faut rétablir la taxe carbone, contre laquelle se sont dressés les Gilets jaunes. Il faut imposer « l’obligation de plans négociés de mobilité dans les entreprises/administrations et les territoires ». En clair «L’esclave doit obéir à son maître, comme la femme à son mari » (Epitre de Paul aux Romains). Si le patron ou l’administration te dit que tu vas voir ailleurs, t’y vas et tu ne discutes pas.

Sous le climat, la régression !

S’agit-il de bloquer la politique actuelle pour sauver les retraites, les services publics, le Code du travail, voire même soyons fous, stopper les opérations militaires dans lesquelles la France est impliquée ? Vous n’y êtes pas, toutes les propositions sont totalement compatibles avec le gouvernement Macron/Philippe.

Elles en sont même le pendant religieux, puisque l’on trouve des choses telles que « Développer une culture d’écoute des aspirations individuelles dans l’éducation ». A la place de la Sécurité sociale, la « garantie jeunes universelle »… tout est à l’avenant : une jolie politique d’accompagnement de la régression sociale du gouvernement, critiquée par les organisations ouvrières confédérales depuis des années. Mais bien sûr, tout cela va sans doute aider à faire baisser le climat (social) ?

Pour la Libre Pensée, le délit de blasphème n'a pas à exister, en religion, comme en science. Elle ne s'associera donc pas à l'opération d’enfumage sur le climat qui consiste à substituer aux vrais problèmes auxquels l'Humanité est confrontée, une grande messe emmenée par les politiciens de l' « ancien monde » comme du « nouveau » (ce sont les mêmes), responsables des problèmes réels et indiscutables, dont la crise des Gilets jaunes est un des révélateurs.

Seule la totale liberté de recherche sans pression, l'arrêt des politiques de réduction des crédits de recherche et de mises en concurrence dans le cadre des appels d'offres cadrés et orientés pourra donner un souffle nouveau pour comprendre la réalité et trouver les solutions quand problème il y a, bien loin des buzz, du business vert et des opérations médiatiques...

 

Laissons la parole à Aimé Césaire

« On me parle de civilisations, je parle de prolétarisation et de mystification… Chaque jour qui passe, chaque déni de justice, chaque matraquage policier, chaque réclamation ouvrière noyée dans le sang, chaque scandale étouffé, chaque expédition punitive, chaque car de CRS, chaque policier et chaque milicien nous fait sentir le poids de nos vieilles sociétés…

A preuve qu’à l’heure actuelle, ce sont les indigènes d’Afrique ou d’Asie qui réclament des écoles et c’est l’Europe colonisatrice qui en refuse ; que c’est l’homme africain qui demande des ports et des routes, que c’est l’Europe colonisatrice qui, à ce sujet, lésine ; que c’est le colonisé qui veut aller de l’avant, que c’est le colonisateur qui retient en arrière ».

De leur « Vieux-Monde » et du « Nouveau » qui sent le moisi et l’oppression :

Nous n’en voulons plus !

Voici le message de tous les opprimés du monde !

 

Paris, le 14 mars 2019

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