Fédération nationale de la libre pensée

18 mai 2019

Communiqués

Le droit à l’IVG dans l’œil du cyclone aux Etats-Unis

Le nombre d’avortements pratiqués aux Etats-Unis n’a jamais été aussi bas et, dans le même temps, les offensives sur le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’ont jamais été aussi radicales.

Le Sénat de l’Etat de l’Alabama a adopté, mercredi 15 mai, un projet de loi sur l’avortement, projet adopté au début de mai par la Chambre des représentants de l’Alabama. Le texte, que le Sénat a transmis au cabinet de la gouverneure républicaine de l’Etat, Kay Ivey, en vue de sa promulgation, ne prévoit pas d’exception en cas de viol ou d’inceste.

Les médecins pratiquant l’avortement seront passibles de peines de prison de dix à quatre-vingt-dix-neuf ans, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’« anomalie létale » du fœtus.

L'objectif avoué des promoteurs du projet de loi est de se retrouver devant la Cour suprême des États-Unis pour la convaincre de revenir sur sa décision emblématique du 22 janvier 1973, "Roe v. Wade", qui a reconnu le droit des femmes à avorter tant que le foetus n'est pas viable.

Nous écrivions dans La Raison (revue mensuelle de la Libre Pensée) en mai 2006 : «L’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade qui, depuis 1973, légalise l’avortement jusqu’à six mois de grossesse constitue le fer de lance des opposants à l’IVG. Ces groupes de pression ne sont pas parvenus jusqu’à présent à renverser la décision de la Cour Suprême, que les arrêts Webster de 1989 et Casey de 1992 ont néanmoins entamée. Même si c’est au niveau des Etats que pourrait avoir lieu l’abolition pratique du droit des femmes à l’avortement, les pro-life entendent bien poursuivre le combat au niveau fédéral : la nomination des juges conservateurs John Roberts et Samuel Alito à la Cour Suprême semblerait leur offrir une occasion de parvenir à leurs fins».

Donald Trump a poursuivi dans cette voie

Depuis le début de l'année 2019, 28 États américains ont introduit plus de 300 nouvelles règles afin de limiter l'accès à l'avortement, selon un décompte de l'Institut Guttmacher qui défend le droit des femmes à l'IVG.

Le Kentucky, la Géorgie et le Mississippi ont ainsi interdit les avortements dès que les battements du coeur du foetus sont détectables, soit environ à la sixième semaine de grossesse. Des mesures comparables sont en passe d'adoption dans l’Ohio, le Missouri et le Tennessee. Un juge a bloqué la mise en oeuvre de la loi du Kentucky, celle du Mississippi doit entrer en vigueur en juillet.

Les tentatives précédentes dans l’Iowa (2018) et le Dakota du Nord (2013) et le Dakota du Sud (2011) ont partiellement échoué. "Vous venez de violer vous-même l'État de l'Alabama", a déclaré le Sénateur Bobby Singleton, au Sénat, après le rejet d'un amendement demandant des exceptions à l'interdiction de l'avortement. "Vous dites à ma fille : tu ne comptes pas dans l'État de l'Alabama... Les hommes peuvent te violer et tu auras ce bébé si tu tombes enceinte", a-t-il ajouté.

L'Association de défense des droits civiques (ACLU) a annoncé son intention d'aller en justice pour empêcher l'application de ce texte.
Aux Etats-Unis, comme partout dans le monde, la Fédération Nationale de la Libre Pensée apporte son soutien sans réserve aux partisans du droit à l’IVG, de toutes les libertés démocratiques dont la séparation des Eglises et de l’Etat est une des pierres d’angle.
Paris, le 18 mai 2019

Retour