Fédération nationale de la libre pensée

27 septembre 2019

Communiqués

La laïcité ne se nourrit pas de phobies, mais de la volonté de la paix civile

La Laïcité a été établie dans notre pays pour en finir à tout jamais avec les guerres de religion. Pendant des siècles, des gens se sont massacrés, parce qu’ils n’avaient pas les mêmes croyances ou les mêmes manières de pratiquer leurs croyances. En établissant le respect de la liberté de conscience, la République a permis à chacun de croire ou de ne pas croire en toute liberté et sans jamais être inquiété.

La loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat a eu pour but de faire respecter la pleine et entière liberté de conscience pour chacun et pour tous. Dès son origine, la laïcité a donc considéré les « phobies » comme l’expression de Troubles Obsessionnels du Comportement de cerveaux dérangés par la haine de l’autre.

La Libre Pensée n’est pas cathophobe, judéophobe, islamophobe, etc. Elle ne tend pas le poing contre l’autre, elle tend la main à celle et à celui qui n’est qu’un autre soi-même. Elle défend le droit de tous et de chacun de penser ce qu’il veut et de l’exprimer. La Libre Pensée s’honore de ne jamais avoir appelé à la répression contre quiconque, y compris, et surtout, contre ses adversaires. La force du droit contre le droit de la force, telle est sa devise.

La Libre Pensée fait sienne la formule de Platon dans son Théétète : « Le philosophe est l’ouvrier de la vertu civile ». Si la laïcité n’est pas une philosophie, elle a des bases philosophiques qui se fondent sur l’Humanisme, le respect de l’individu et de ses droits. Elle dit avec le grand Victor Hugo : « Il vient une heure où protester ne suffit plus, après la philosophie, il faut l’action ». Vladimir Jankélévitch disait la même chose : « Le courage n’est pas un savoir, mais une décision, non pas une opinion, mais un acte. »

On ne peut donc se réclamer de la laïcité en appelant au déchainement des phobies

De la même manière, brandir le drapeau de la laïcité, comme le fait le ministre Blanquer du très clérical gouvernement Macron/Philippe (qui veut réparer le lien abimé entre l’Eglise et l’Etat) pour tenter d’interdire aux femmes musulmanes d’être accompagnatrices des sorties scolaires, relève de la xénophobie et non de la laïcité. Les accompagnants ne sont pas des fonctionnaires assujettis aux obligations du service public. Tel est la force du Droit. Vouloir leur interdire d'accompagner les sorties scolaires, tel serait le droit de la force.

 

 

Il faut choisir : la liberté ou l’oppression !

C’est pourquoi, la Libre Pensée condamne de toutes ses forces la campagne haineuse déchainée par le pouvoir en place contre une affiche de la FCPE, qui rappelle le Droit. Elle assure la FCPE de tout son soutien. Elle appelle l’opinion publique laïque à combattre cette nouvelle chasse aux sorcières.

Paris, le 26 septembre 2019

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