Fédération nationale de la libre pensée

1 avril 2015

La Raison

LA RAISON n°600 (Avril 2015) bientôt disponible

Extrait de l’éditorial de Jean-Sébastien Pierre, président de la FNLP

Nous avons lancé la perspective d’une manifestation nationale le 5 décembre 2015. Elle aura pour mot d’ordre majeur l’abrogation de la loi Debré de 1959. Déjà nos Fédérations ont organisé des réunions publiques, des rencontres, des rassemblements visant à la préparer. Nous avons des autocollants et aurons bientôt des affiches. Il nous reste neuf mois pour la réussir, neuf mois pour permettre aux laïques de faire entendre leur voix dans ce but.

Cela fait plus de deux ans que nous avons pris la décision de donner clairement cette perspective à tous les citoyens exaspérés par les revendications croissantes de l’Église et des mouvements cléricaux de reprendre une place officielle dans la République. Absolument fidèles au principe "fonds publics à l’École publique, fonds privés à l’école privée", il nous est apparu que l’on resterait dans l’abstrait sans désigner la loi Debré, loi de coup d’État, première et décisive loi antilaïque promulguée après la Libération. Toutes les autres en découlent, du moins en ce qui concerne l’École : le principe du contrat d’établissement permet à l’État, à qui c’est légalement interdit par la loi de 1905, de financer les écoles privées, à 90% confessionnelles, sur fonds publics tout en reconnaissant leur "caractère propre". Nous avons mis le coût de l’opération en évidence : il est de 8 milliards d’euros annuels sur la seule base du contrat et de plus de 12 milliards si l’on décompte les diverses subventions des collectivités territoriales.

Que n’avons-nous pas entendu comme objection à cette perspective ?

D’aucuns voulaient nous faire accroire que ce serait une étape positive que d’obtenir la suppression de la loi Carle, l’avant dernière en date. L’expression employée était de "détricoter" la loi Debré. La technique du tricot inversé a montré ses limites : même cette avant dernière maille n’a pas été entamée. Pire encore, il y a eu depuis, la réforme des rythmes scolaires. Loin d’abroger la loi Carle, le gouvernement en a rajouté une couche en permettant l’entrée massive des cléricaux dans le périscolaire. Il a territorialisé l’Ecole publique en soumettant son organisation et ses programmes aux conditions locales. Il se trouve que ceux qui voulaient se limiter à l’abrogation de la loi Carle ont soutenu la réforme dite des rythmes scolaires. Plus question de détricoter quoi que ce soit (...)

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La Raison n° 600 couverture
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Sommaire n°600

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